Et les lions gueulent la mort ouverte

Texte et mise en scène : Thomas Bouyou

 CRÉATION 2020

Distribution

Texte et mise en scène : Thomas Bouyou

Assistante à la mise en scène : Ozal Emier

Avec : Mélanie Charvy, Valérie Marti, Marina Monmirel, Loris Reynaert, Philippe Risler

Scénographie et création lumière : Orazio Trotta

Création sonore : Timothée Langlois

Création vidéo : Ozal Emier

Costumes : Irène Rebeté

Création musicale : Thomas J. Guérin et Céline Technorama

Film chorégraphique

Chorégraphe : Sarah Schwarz

Danseurs : Diane Benefice, Claire Besuelle, David Elghozi, Valérie Marti

Réalisation et montage : Ozal Emier

 

PARTENAIRES ET SOUTIENS

Anis Gras – Le lieu de l’autre
EBMK – scène conventionnée de Metz
Ville de Paris
Département du Val-de-Marne
Centres ACTISCE
Cie Les Entichés
Espace Culturel de La Source Bleue
Fabrique Artistique La Saillante 

 

Il y a donc au départ, à l’arrivée, ce diner de famille. Chaque situation y entraîne un dérapage de la parole, mais la parole y est immédiatement rappelée à l’ordre, et tout dérapage est en réalité contrôlé, maitrisé ; comme s’il fallait ces petits déraillements pour que la famille continue à diner, à parler, à exister, normale. Normale en apparence. Cette normalité, la maitrise des échanges, la politesse maladroite toute prête à chaque fois de s’effondrer sont terribles. L’exposition théâtrale de l’ordinaire, avec sa part de farce, sert aussi à en montrer toute l’horreur et l’hypocrisie. Alors quoi ? Quel déraillement vraiment terrible pourrait mettre à bas cette hypocrisie ? Quand se mettront-ils véritablement à parler ? Et comment on fait ça au théâtre, parler véritablement…?
Et en son centre, au milieu du repas, l’espace se renverse, le langage se tord. Tout à coup, les désirs se réalisent, les inhibitions se lèvent, le langage sort de ses gonds. Tout à coup, les personnages se mettent à dire ce qu’ils pensent et à faire ce qu’ils disent, à s’aimer, à s’insulter, à se battre, à se manger. Oui, à se manger. Si le théâtre peut faire ça aussi bien que nos rêves, pourquoi ne pas puiser en ses ressources propres pour questionner une société dans laquelle plus aucune phrase vraie ne se prononce jamais.
La pièce se propose ainsi d’exposer une double trajectoire : celle de la normalité qui comporte sa part d’horreur, et celle de l’anormal, du monstre qui comporte sa part de beauté. Cette autre trajectoire est une parenthèse infernale, un défilé des monstres, avant le retour des protagonistes à table. D’où sont-ils revenus cependant ? Et ce qu’ils ont fait, l’ont-ils rêvés, fantasmés, sur un mode mineur, juste en dessous du niveau de conscience – comme spontanément l’on fait parfois se superposer dans l’ennui d’un repas de famille, la réalité et le fantasme ? Peut-être aussi que c’est un aparté offert par le théâtre à son public ? 

 

Spectacle coproduit par :
EBMK – Scène conventionnée de Metz, 
Anis Gras – Le lieu de l’autre.